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Renseignements utiles : Souvent surnommée « pilule du lendemain », « Plan B » ou « PCU », la contraception d’urgence vous permet d’éviter une grossesse après un rapport sexuel non protégé. Vous pouvez recourir à la contraception d’urgence si le condom de votre partenaire s’est déchiré, après un viol, si vous avez oublié de prendre deux ou trois de vos pilules anticonceptionnelles de suite, ou après n’importe quel rapport sexuel non protégé. La contraception d’urgence est possible dans les cinq jours suivant un rapport sexuel non protégé, mais plus elle est prise tôt, plus elle est efficace. La contraception d’urgence ne vous empêchera pas d’attraper une infection transmise sexuellement ou par le sang (ITSS). Si vous avez un rapport sexuel non protégé avec une personne dont vous ignorez le passé sexuel, nos vous recommandons de passer un test de dépistage d’ITSS.

La contraception d’urgence disponible en pharmacie au Canada est le « Plan B ». C’est une méthode simple, efficace et sécuritaire qui consiste en deux pilules de lévonorgestrel : vous prenez la première pilule dans les 72 heures suivant votre rapport sexuel non protégé, et la seconde pilule 12 heures plus tard. Cette contraception d’urgence vous coûtera de 20$ à 50$ selon la province où vous résidez et la pharmacie où vous allez.
La PCU a des effets différents selon le moment de votre cycle menstruel où vous la prenez. Elle peut soit arrêter soit retarder la libération d’un ovule (l’ovulation), vous évitant ainsi de tomber enceinte. Dans certains cas, si votre ovule venait d’être libéré puis fécondé, la PCU l’empêchera de se fixer à la paroi utérine.
Aucune loi canadienne n’oblige une pharmacie à vendre la contraception d’urgence. Sachez donc que certains pharmaciens sont anti-choix et pourraient refuser de vous la fournir. Si cette situation vous arrive, essayez soit un autre pharmacien soit une autre pharmacie. Sachez aussi que vous pouvez vous procurer la PCU à moindre coût auprès de certains organismes membres de la Fédération canadienne pour la santé sexuelle (http://www.cfsh.ca/ppfc/content.asp?articleid=108). La PCU est également disponible dans la plupart des centres de santé sexuelle, les centres ou les cliniques pour femmes, les cliniques de santé communautaire, les cliniques de contrôle des naissances, les centres universitaires de santé et les urgences des hôpitaux.
Si vous menez ou prévoyez mener une vie sexuelle active, ne vous servez pas de la contraception d’urgence comme seule façon d’éviter de tomber enceinte. La PCU n’est pas aussi efficace que les contraceptifs utilisés de façon continue comme la pilule anticonceptionnelle ou le condom. La PCU est également plus chère que la majorité des autres contraceptifs. De plus, même si la PCU n’entraîne aucun effet secondaire permanent ni à long terme, certaines des femmes qui recourent à la pilule contraceptive d’urgence souffrent de nausées, de vomissements, de diarrhée ou de saignements. Si vous vomissez dans l’heure qui suit la prise de votre pilule, vous devrez reprendre la dose. La contraception d’urgence n’offre aucune protection contre les infections transmises sexuellement ou par le sang.
La contraception d’urgence est différente de la pilule abortive (appelée aussi avortement médicamenteux). Contrairement à la pilule abortive, qui déclenche un avortement, la contraception d’urgence ne pourra pas mettre fin à une grossesse déjà commencée. La contraception d’urgence ne pourra pas non plus vous empêcher de tomber enceinte plus tard dans le même cycle menstruel si vous avez d’autres rapports sexuels non protégés.
Pour obtenir plus de renseignements sur la contraception d’urgence ou sur les endroits où vous la procurer, composez le 1-888-270-7444, la ligne gratuite d’information sur la PCU de la Fédération canadienne pour la santé sexuelle.
Une autre méthode de contraception d’urgence est le dispositif intra-utérin (DIU). Un docteur pourra insérer l’un de ces appareils en cuivre dans votre utérus dans les sept jours suivant un rapport sexuel non protégé. Ce DIU, que vous pourrez ensuite conserver en place comme méthode contraceptive à long terme, empêchera un ovule fécondé de se fixer à la paroi utérine. Les DIU sont généralement utilisés par les femmes qui ne peuvent pas prendre d’hormones et qui souhaitent une méthode anticonceptionnelle durable et très fiable.
Difficultés d’accès Au Canada, nous prenons souvent pour acquis l’accès que nous avons aux excellents produits de santé reproductive dont nous avons besoin. Cependant, le taux d’échec des contraceptifs courants et le nombre élevé de grossesses non planifiées prouvent que l’accès à ces produits ne garantit pas que tout le monde les utilise. Le Childbirth by Choice Trust estimait que 40% des grossesses survenant au Canada ne sont pas planifiées, et que ce pourcentage est encore plus élevé chez les adolescentes. La contraception d’urgence n’est que l’un des obstacles auxquels se heurtent les Canadiennes qui sont à la recherche de produits de santé reproductive.
Jusqu’en avril 2005, les femmes ne pouvaient se procurer la PCU que sur présentation d’une ordonnance. En avril 2005, Santé Canada a décrété que la PCU serait désormais disponible en pharmacie sans ordonnance. Cependant, la PCU n’est pas aussi facile à obtenir qu’on le croirait.
L’accès à la PCU est encore en partie restreint par le refus de certains pharmaciens de la vendre à cause de leurs croyances personnelles. Plus d’une femme, jeune ou moins jeune, célibataire ou mariée, s’est vu refuser la pilule du lendemain par un pharmacien qui était d’avis qu’une femme ne devrait pas avoir le droit de choisir le moment de sa grossesse ou qui préférait qu’elle mène sa grossesse à terme.
Les groupes à risque tels les autochtones, les jeunes, les personnes à faible revenu ou souffrant d’une déficience et les gens habitant en zones rurales ont beaucoup plus de difficulté que le reste de la population à se procurer la PCU. Les zones rurales disposant souvent de peu de pharmaciens, les femmes à qui l’un de ces derniers refuse de vendre la PCU sont parfois obligées de se rendre jusqu’à la ville voisine pour se la procurer. Ce trajet peut être long et coûteux, et il peut affecter les horaires de travail et de garderie.
Les femmes qui veulent se procurer la PCU sont nombreuses à devoir se plier à des consultations impromptues qui les obligent à révéler des renseignements personnels superflus. Ces consultations leur sont souvent facturées par les pharmaciens, ce qui fait grimper (d’environ 20$) la facture habituelle de la PCU (d’environ 25$) à un montant total de 40$ à 50$. Plusieurs femmes n’ont tout simplement pas les moyens de payer ce montant.
Les tabous qui règnent sur la sexualité adolescente peuvent aussi restreindre l’accès à la PCU. En effet, certains pharmaciens peuvent juger ou intimider les jeunes, ou même menacer de révéler leur vie sexuelle à leurs parents ou d’autres membres de la famille. Cet obstacle peut être encore plus grand en zone rurale, alors qu’il n’y a que quelques pharmacies dans la région et que les jeunes n’ont pas le choix de l’endroit où se procurer la PCU.
Un autre obstacle à l’accès peut être le manque de renseignements. Nombreuses sont les Canadiennes qui ne savent même pas que la contraception d’urgence existe, surtout dans les régions où prédomine une éducation privilégiant l’abstinence ou qui considère taboue toute forme d’éducation sexuelle. Le mouvement anti-choix propage pour sa part des renseignements inexacts sur la PCU, alléguant qu’elle provoque l’avortement ou l’infertilité. Dans les faits, la PCU empêche la grossesse mais n’y mettra pas fin si elle est déjà commencée. La PCU n’a aucun effet à long terme sur la santé d’une femme.
Des solutions en vue? À l’heure actuelle, la PCU est disponible après consultation auprès d’un pharmacien. Plusieurs organismes tentent maintenant de faire de la PCU un médicament courant disponible sans consultation et directement des tablettes, ce qui augmenterait son accessibilité. Comparativement à une consultation sur des questions de santé reproductive au comptoir de la pharmacie, le fait de pouvoir prendre un médicament directement d’une tablette pour tout de suite passer à la caisse protège mieux la vie privée. Cette mesure améliorerait aussi la ponctualité de l’accès à la PCU, un enjeu-clé lorsqu’on se rappelle que l’efficacité de la PCU est optimale si cette dernière est prise dans les 24 heures du rapport sexuel, et que cette efficacité diminue plus ce délai augmente. Puisque la PCU est un médicament sécuritaire, fiable et simple, il serait idéal de pouvoir se la procurer directement d’une tablette sans devoir passer par un pharmacien, sans oublier qu’elle serait moins chère à cause de l’élimination de la consultation (et de son coût) avec ce dernier.
Une récente étude de l’Université de Californie a fait mentir la croyance populaire en révélant qu’un meilleur accès à la PCU ne pousse pas les femmes à abandonner les méthodes contraceptives traditionnelles, pas plus qu’il ne mène les adolescents à une sexualité débridée (Hyman, 2005). Un meilleur accès à la PCU aidera à réduire le nombre de grossesses non planifiées.
Nous devons nous efforcer de dispenser une meilleure éducation sexuelle dans les écoles, tant au chapitre de la qualité que de la quantité. Les jeunes sauraient ainsi comment se servir des méthodes contraceptives disponibles, comment éviter les grossesses non planifiées, et comment recourir à la contraception d’urgence. L’ensemble de la population devrait lui aussi avoir accès à ces renseignements.
Si vous voulez partager votre expérience de la contraception d’urgence (tant son accès que son utilisation), écrivez-nous à l’adresse research@canadiansforchoice.ca ou par télécopieur au numéro 613 789 9960. Nous respecterons votre anonymat.
Références
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