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Au Canada, la plupart des avortements sont effectués de l’une de deux façons : par aspiration, ou par dilatation et évacuation. Il existe d’autres chirurgies pour l’avortement, mais il est aussi possible de mettre fin à une grossesse récente sans chirurgie, au moyen de médicaments qui vident l’utérus de son contenu.
L’avortement médicamenteux le plus courant est le RU-486 (ou mifepristone). Ce nom est dérivé de celui de la société pharmaceutique française Roussel-Uclaf, laquelle a découvert ce médicament. Le RU-486 peut être administré durant les neuf premières semaines de la grossesse. Sa vente n’est toujours pas permise au Canada.
L’avortement médicamenteux le plus courant au pays combine deux substances, le mifepristone et le misoprostol. Le mifepristone empêche la sécrétion de la progestérone, l’hormone qui permet la poursuite de la grossesse. Sans progestérone, la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus se désagrège et est éliminée, exactement comme pendant les menstruations. Le misoprostol déclenche pour sa part des contractions de l’utérus, habituellement dans les six à huit heures, permettant d’évacuer le contenu de l’utérus chez soi, en toute discrétion. Deux semaines après la prise de ces médicaments, un suivi médical permet de confirmer le succès de l’avortement. La plupart des effets secondaires associés à cet avortement précoce sont le fait du second médicament, le misoprostol : ces effets comprennent notamment d’abondants saignements, des maux de tête, des nausées, des vomissements, de la diarrhée et des crampes douloureuses.
La pilule abortive est sécuritaire. Selon l’organisme Childbirth by Choice Trust, à peine 1 % des femmes qui recourent à la pilule abortive souffrent de saignements abondants au point d’en exiger un suivi médical. Des études cliniques révèlent que l’avortement est incomplet dans à peine 2 à 3 % des cas. La poursuite de la grossesse après la prise de ces médicaments posant un risque élevé de malformations au fœtus, la plupart des médecins exigent que les femmes s’engagent par écrit à obtenir un avortement chirurgical advenant l’échec de l’avortement médicamenteux. Cette situation est cependant bien rare, puisque les avortements médicamenteux réussissent presque tout le temps. Des études menées par la Food and Drug Administration américaine et la Fédération nationale de l’avortement (basée aux États-Unis d’Amérique) indiquent que la prise du mifepristone et du misoprostol ne pose aucun risque à long terme. Même après avoir recouru à la pilule abortive, une femme peut tomber enceinte à un meilleur moment ultérieur si elle le décide.
En juillet 2005, l’Organisation mondiale de la santé a inscrit le mélange mifepristone-misoprostol à la liste des médicaments jugés essentiels à une bonne santé, ce mélange étant réputé une façon sécuritaire d’interrompre une grossesse et de sauver la vie d’une femme. Le recours à l’avortement médicamenteux dans les pays en développement a permis à de nombreuses femmes d’échapper à un avortement chirurgical clandestin et insalubre.
Le RU-486 est disponible dans tous les pays de l’Union européenne sauf le Portugal, l’Italie et l’Irlande. Il est également disponible aux États-Unis d’Amérique, en Chine, en Inde, en Russie, en Australie et en Afrique du Sud, entre autres. Malheureusement, il est illégal au Canada, plusieurs détracteurs ne le jugeant pas sécuritaire à cause des risques de septicémie et d’infections au Clostridium sordellii qu’il pose. En 2004, quatre femmes ont succombé à une septicémie après avoir pris du Mefiprex. Les quatre vivaient en Californie, et des enquêteurs tentent d’établir des parallèles entre elles. Il est important de se rappeler qu’une infection au C. sordellii peut survenir dans une situation autre qu’un avortement médicamenteux, par exemple suite à un accouchement (vaginal ou par césarienne) ou à une chirurgie à l’abdomen ou au bassin. D’autres infections au C. sordellii sont déjà survenues chez des hommes ou des femmes de tous âges et dans un contexte autre qu’obstétrical : à l’ombilic ou sous la peau, après une greffe de tendon ou une chirurgie orthopédique, ou suite à un accident de la route. Ce qui prouve que l’avortement médicamenteux n’est pas la seule cause de ce type d’infection.
Des recherches effectuées par l’organisme Gynuity Health Projects prouvent qu’il est rare d’attraper une infection grave suite à un avortement médicamenteux. Aux États-Unis d’Amérique, près de 460 000 femmes ont subi depuis l’an 2000 un avortement médicamenteux au mifepristone : le taux d’infections connues parmi ces femmes dans les 18 mois ayant suivi leur prise du médicament atteignait à peine 0,013 %. Le RU-486 est disponible en France depuis 1988, sans preuve de complications. Il est généralement considéré comme un choix sécuritaire pour les femmes souhaitant interrompre une grossesse non planifiée.
Au Canada, la seule combinaison disponible pour un avortement médicamenteux est celle d’une injection de méthotrexate suivie pendant cinq à sept jours de comprimés de misoprostol pris par voie vaginale. Ceci déclenche des contractions de l’utérus, permettant ainsi d’en évacuer le contenu, généralement dans les 24 heures. Dans près de 35 % des cas, cependant, il peut s’écouler plusieurs jours ou semaines avant que l’utérus ne soit complètement vide. La prise d’analgésiques permet d’atténuer la douleur des crampes qui résultent de l’évacuation de la muqueuse utérine.
Si les médicaments ne réussissent pas à déclencher l’évacuation des tissus embryonnaires, ils provoqueront probablement des malformations congénitales. Par conséquent, une femme ayant choisi un avortement médicamenteux doit, en cas d’échec de ce dernier, être prête à subir un avortement chirurgical. Un suivi médical est effectué une à deux semaines après l’injection du méthotrexate pour confirmer le succès de l’avortement.
L’avortement médicamenteux n’est disponible que dans certaines cliniques d’avortement et ne devrait être effectué que durant les sept premières semaines de grossesse.
Pour plus d’informations sur l’avortement médicamenteux http://www.gynuity.org/documents/FAQsCSordelliiinfectiontechnicalversionENG.pdf http://www.femmesensante.ca/centres/sex/abortion/medicalab.html http://www.fwhc.org/abortion/medical-ab.htm (anglais seulement) Wiebe, Ellen et al. "Comparison of Abortions Induced by Methotrexate or Mifepristone Followed by Misoprostol." Journal of the American College of Obstetrics and Gynecology, vol. 99, No. 5, Part 1, May 2002, 817. (anglais seulement) |
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