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Cette publication vise à faire le point sur l’organisation et la qualité des services d’avortement offerts partout au Québec, par les centres hospitaliers, les centres locaux de services communautaires (CLSC), les cliniques privées et les centres de santé des femmes.
Le point sur les services d’avortement au Québec débute par un historique qui nous
remémore les importantes revendications du mouvement féministe ainsi que les mesures
prises par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et les différents
établissements de santé publics, communautaires et privés pour mettre en place des services
d’avortement accessibles et gratuits à l’échelle de la province. Puis, en deuxième partie, les
résultats d’une recherche sur les services d’avortements sont présentés. Dans un premier
temps, des appels anonymes aux établissements de santé offrant et n’offrant pas de services
d’avortement nous permettent d’évaluer l’accessibilité des services pour les femmes du
Québec. Dans un deuxième temps, des entrevues avec des intervenantes qui travaillent en
avortement permettent d’en savoir plus sur l’organisation des services, les succès et les
obstacles rencontrés dans chacun des points de service.
Principaux constats
Les appels anonymes à tous les CLSC et hôpitaux à travers le Québec ainsi que les
discussions avec les intervenantes en avortement nous permettent d’établir un certain
nombre de constats quant à l’organisation des services au Québec.
• Dans les CLSC, centres hospitaliers, cliniques privées et centres de santé des
femmes offrant les services d’avortement, la réceptionniste était en mesure, dans
seulement 55 % des cas, de confirmer que l’établissement offrait des services
d’avortement et pouvait soit décrire le processus à suivre pour prendre rendezvous,
soit transférer à une personne détenant l’information appropriée.
• Les CLSC et centres hospitaliers n’offrant pas le service devraient tout de même être
en mesure de diriger les femmes vers les services appropriés. Or, ces établissements
ont été capables d’orienter une femme vers les services adéquats dans seulement
58 % des cas, les autres le faisant vers des services n’offrant pas d’avortement, vers
des numéros inexistants ou vers des boîtes vocales. Les réceptionnistes de six
établissements se sont permis de passer des jugements de valeur sur l’avortement.
• Les services Info-Santé contactés lors de l’enquête ont toujours été en mesure de
donner une information adéquate en termes de référence à des services
d’avortement.
• Certains centres d’aide à la grossesse contactés ne s’affichant pas comme étant
opposés à l’avortement offrent de l’information trompeuse sur les conséquences
de l’avortement.
• Plusieurs points de service ne possèdent pas de machine à échographie au sein
de l’établissement ou du département. Le fait d’avoir à se rendre à l’extérieur pour
obtenir une échographie peut augmenter le nombre de visites nécessaires à
l’intervention ou peut mettre les femmes en contact avec des radiologistes ou
techniciens opposés à l’avortement.
• Dans plusieurs établissements offrant des services d’avortement, les femmes
doivent laisser un message pour que quelqu’un les rappelle, faute de personnel.
Les systèmes de boîte vocale n’offrant pas de solution de rechange posent un
problème aux femmes qui n’ont pas de téléphone, qui ne peuvent recevoir
d’appels personnels ou qui craignent pour leur confidentialité.
• Encore aujourd’hui les femmes peuvent parfois devoir attendre jusqu’à trois ou
quatre semaines avant de terminer une grossesse.
• Le manque d’accès à la contraception et à un médecin de famille a été identifié
comme un obstacle pour les femmes. De plus, l’éducation sexuelle est quasi
absente dans les écoles secondaires et les établissements de la santé.
• De nombreux établissements ont de la difficulté à recruter des médecins formés
pour la pratique de l’avortement ou craignent avoir de la difficulté à les recruter
lorsque leurs médecins prendront leur retraite.
• Plus de la moitié des établissements sont incapables d’aider financièrement les
femmes sans carte d’assurance maladie et qui ne sont pas en mesure de payer
pour un avortement.
• La grande majorité des établissements offrant des services d’avortement souffre
d’un manque de ressources : personnel infirmier, médecins formés et disponibles,
soutien financier, appui administratif, etc. Ce manque de ressources limite l’offre
des services, et affecte aussi leur qualité, notamment en matière de prise de
rendez-vous et de soutien post-avortement.
Malgré ces obstacles, le Québec demeure la province canadienne où l’avortement est le plus
accessible. Les politiques et lignes directrices mises en place par le ministère de la Santé et
des Services sociaux encadrent une offre de services de qualité dans toutes les régions
administratives. De plus, les intervenantes en avortement à travers le Québec font preuve
d’un très grand dévouement, travaillant plus qu’il ne leur est demandé pour offrir un service
de qualité aux femmes qui en ont besoin.
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