L’Association canadienne pour la liberté de choix croit que les droits et les questions de santé en matière de procré ation et de sexualité font partie inté grante de la santé et du bien-ê tre de chaque personne.

Voici des dé finitions officielles qui vous aideront à comprendre l’importance ré elle de ces droits et de ces questions.

Santé reproductive : « Par santé [reproductive], on entend le bien-ê tre gé né ral, tant physique que mental et social, de la personne humaine, pour tout ce qui concerne l’appareil gé nital, ses fonctions et son fonctionnement et non pas seulement l’absence de maladies ou d’infirmité s. Cela suppose donc qu’une personne peut mener une vie sexuelle satisfaisante en toute sé curité , qu’elle est capable de procré er et libre de le faire aussi souvent ou aussi peu souvent qu’elle le dé sire. Cette dernière condition implique qu’hommes et femmes ont le droit d’ê tre informé s et d’utiliser la mé thode de planification familiale de leur choix, ainsi que d’autres mé thodes de leur choix de ré gulation des naissances qui ne soient pas contraires à la loi, mé thodes qui doivent ê tre sûres, efficaces, abordables et acceptables, ainsi que le droit d’accé der à des services de santé qui permettent aux femmes de mener à bien grossesse et accouchement et donnent aux couples toutes les chances d’avoir un enfant en bonne santé […] » Programme d’action de la Confé rence internationale sur la population et le dé veloppement (CIPD, tenue au Caire en 1994), paragraphe 7.2.

Droits en matière de procré ation : Ces droits « reposent sur la reconnaissance du droit fondamental de tous les couples et des individus de dé cider librement et avec discernement du nombre de leurs enfants et de l’espacement de leurs naissances et de disposer des informations né cessaires pour ce faire, et du droit de tous d’accé der à la meilleure santé en matière de sexualité et de reproduction. Ce droit repose aussi sur le droit de tous de prendre des dé cisions en matière de procré ation sans ê tre en butte à la discrimination, à la coercition ou à la violence […] » Programme d’action de la CIPD, paragraphe 7.3.

Trois concepts entrent ici en jeu : le droit à quelque chose, l’autodé termination et l’autonomisation. Il en dé coule la ré elle possibilité de prendre des dé cisions et d’exercer un choix de façon autonome tout en assumant ses responsabilité s.

Droits et questions de santé en matière de sexualité : L’Organisation mondiale de la santé a une dé finition pratique des droits sexuels, lesquels comprennent selon elle le droit à la meilleure santé sexuelle possible, dont un accès à des services et des soins en matière de santé sexuelle et reproductive. Le droit à une é ducation sexuelle et à l’inté grité de son corps, ainsi que le droit à une sexualité é panouie et sé curitaire sont deux autres exemples de droits sexuels.

La World Association for Sexual Health croit que la sexualité fait partie inté grante de la personnalité de chaque personne et que son plein potentiel dé pend de la satisfaction de besoins humains fondamentaux : contacts mentaux et physiques, expression des é motions, plaisir, tendresse et amour. La sexualité dé coule d’une interaction entre l’individu et les structures sociales. La poursuite d’une sexualité pleinement é panouie est essentielle au bien-ê tre individuel, interpersonnel et socié tal. Les droits sexuels sont des droits universels de la personne, qui reposent sur la liberté , la dignité et l’é galité inhé rentes à chaque individu. La santé é tant un droit humain fondamental, il doit en ê tre autant de la santé sexuelle. La reconnaissance, la promotion, le respect et la dé fense à tout prix des droits sexuels permettront une saine sexualité aux socié té s et aux personnes. La santé sexuelle ne peut exister que dans un milieu où ces droits sexuels sont reconnus, respecté s et exercé s.

Les droits sexuels et reproductifs sont ré ellement importants car ils permettent des choix plus gé né reux en matière de qualité de vie et d’autonomisation. Ces droits peuvent directement influencer votre é ducation, votre emploi, vos relations personnelles, entre autres. à titre d’exemple, une très jeune femme qui tombe enceinte court le risque de devoir interrompre son é ducation, ce qui ré duira ses possibilité s d’emploi et affectera son statut socioé conomique. De plus, elle sera peut-ê tre acculé e au mariage. Les droits sexuels et reproductifs sont essentiels à la dignité des femmes et des hommes et à l’é galité des genres. En effet, les femmes ne peuvent pas pleinement exercer leurs droits humains si elles ne sont pas libres en matière de procré ation et de santé reproductive.

Partout sur la planète, nombreuses sont les femmes qui ne jouissent pas de leurs droits sexuels et reproductifs, ce qui affecte directement leur santé . Les exemples ci-dessous illustrent cette ré alité :
  • Au moins 120 millions de couples dans les pays en dé veloppement n’ont toujours pas de moyen efficace d’espacer leurs grossesses ou d’en limiter le nombre ;
  • Au moins 75 millions de grossesses (soit 43 % du nombre total de grossesses) ne sont pas dé siré es, menant à 45 millions d’avortements et à 30 millions de naissances vivantes ;
  • 70 000 femmes meurent chaque anné e des complications ré sultant d’un avortement pratiqué dans des conditions insalubres, alors que des dizaines de milliers d’autres souffrent de blessures graves ;
  • Chaque anné e, plus de 15 millions d’adolescentes de moins de 18 ans ont un bé bé , non dé siré la plupart du temps. Une adolescente enceinte court cinq fois plus de risques de mourir à cause de sa grossesse qu’une femme enceinte âgé e de 18 à 25 ans ;
  • Chaque anné e, un million de personnes meurent d’infections de l’appareil reproducteur, dont des infections transmises sexuellement ou par le sang (ITSS) autres que le VIH/sida ;
  • Dans plusieurs pays, six femmes sur 10 souffrent d’une ITSS, augmentant d’autant leur risque de devenir sté rile ou de dé velopper un cancer du col de l’uté rus ou une autre maladie grave ;
  • 120 millions de femmes ont subi des mutilations gé nitales, et deux millions courent ce risque chaque anné e. Cette pratique a é té condamné e par la communauté internationale et les gouvernements, mais elle perdure dans 28 pays ;
  • Les viols et autres agressions sexuelles sont de plus en plus ré pandus. Ainsi, le nombre de viols d’enfants dans certains pays a grimpé en flèche, certains hommes croyant pouvoir se gué rir du VIH/sida en ayant des rapports sexuels avec des fillettes ;
  • Chaque anné e, deux millions de filles âgé es de 5 à 15 ans sont forcé es de grossir les rangs des prostitué es professionnelles.

Au Canada aussi, les femmes qui souhaitent exercer leurs droits sexuels et reproductifs se heurtent à des obstacles.

Une bonne partie de la population canadienne ne reçoit pas d’é ducation sexuelle adé quate. Bien que la plupart des programmes scolaires fassent une place à une certaine forme d’é ducation sexuelle, cette dernière est souvent dispensé e par des enseignants qui manquent de connaissances, de confiance, de rigueur ou d’objectivité (à preuve ceux qui choisissent de ne parler que d’abstinence). Certaines é coles ont mê me é liminé les cours d’é ducation sexuelle, ré partissant entre chaque enseignant la responsabilité d’en toucher un mot ici ou là durant l’anné e scolaire. Ce qui prive souvent les é lèves de toute forme d’é ducation sexuelle.

En 2003, Santé Canada a subventionné une é tude nationale piloté e par le Conseil des ministres de l’é ducation et portant sur les jeunes, l’é ducation sexuelle et le VIH/sida. Cette é tude a ré vé lé que les jeunes d’aujourd’hui ont gé né ralement de moins bonnes connaissances des questions sexuelles que les personnes ayant pris part à une é tude semblable en 1989. Les jeunes d’aujourd’hui savent moins bien qu’en 1989 comment se propage le VIH/sida et comment se pré munir contre les ITSS.

Les adolescents canadiens vivent leur sexualité mais recourent peu au condom et à d’autres contraceptifs. Beaucoup de ces jeunes sont au courant de la contraception et des ITSS, mais ne traduisent pas toujours ces connaissances en gestes concrets, souvent parce que la sexualité reste taboue. Les jeunes ont souvent trop honte d’acheter des condoms, surtout s’ils vivent dans un village ou une petite communauté où seuls quelques endroits en vendent et où ces jeunes craignent pour leur vie privé e. Ces petites localité s ne disposent probablement pas non plus de centres de santé sexuelle où ces jeunes pourraient obtenir des renseignements objectifs et de l’aide.

Les jeunes, et surtout les jeunes filles, ont souvent de la difficulté à né gocier l’usage du condom. Il existe plusieurs mythes qui compliquent la chose, tel ce mythe voulant qu’une femme ne pourra pas tomber enceinte ni attraper d’ITSS lors de son tout premier rapport sexuel.

L’é tude pré cité e sur les jeunes, l’é ducation sexuelle et le VIH/sida ré vèle que les ITSS sont neuf fois plus courantes chez les jeunes de moins de 18 ans que dans le reste de la population. Seuls 9 % de ces jeunes des deux sexes ont indiqué avoir subi un test de dé pistage d’ITSS, alors que 50 % d’entre eux ont confirmé ê tre sexuellement actifs. Les jeunes atteints d’une ITSS sont bien plus nombreux que les 9 % ci-dessus, mais la plupart ne savent mê me pas qu’ils sont infecté s, tant à cause de leur gê ne à parler de leur sexualité à leur mé decin de famille que de leur ignorance des autres endroits où aller se renseigner. Les jeunes d’aujourd’hui se croient é galement moins vulné rables qu’en 1989 aux ITSS et aux grossesses non planifié es.

La violence envers les femmes au Canada est é galement un problème de taille. Cette violence peut prendre diverses formes : menaces, coups, contrôle, insultes, isolement, né gligence, abus sexuels ou exploitation financière. Selon Condition fé minine Canada, plus de la moitié des Canadiennes ont subi au moins un acte de violence physique ou sexuelle depuis l’âge de 16 ans. L’é tude nationale mené e par Statistique Canada en 1993 sur la violence faite aux femmes a ré vé lé que le tiers des femmes au pays avaient é té agressé es par leurs conjoints, et que la moitié de ces femmes avaient é té grièvement blessé es.

La santé et les droits en matière de procré ation et de sexualité peuvent ê tre compromis par une grossesse non dé siré e. Les femmes devraient par consé quent pouvoir se renseigner sur toutes les options qui les aideront à dé cider entre la maternité , l’adoption ou l’avortement. Mais ce ne sont pas toutes les femmes qui ré ussissent à obtenir tous les renseignements né cessaires. Les regroupements anti-choix obligent souvent la femme à ne choisir qu’entre la maternité et l’adoption en l’induisant en erreur ou en lui faisant peur quant à l’avortement.

Quant à la femme qui dé cide de se faire avorter, elle peut se heurter à de gros obstacles. L’avortement a beau ê tre tout à fait lé gal au Canada, à peine 17,8 % des hôpitaux du pays assurent ce service, dont certains vont mê me jusqu’à limiter la duré e admissible de grossesse ou à imposer de longs dé lais d’attente aux femmes qui dé sirent se faire avorter. Dans de nombreux cas, le personnel mé dical ou hospitalier bloque à toutes fins pratiques l’accès aux services d’avortement en refusant de renseigner ou d’aiguiller les femmes qui souhaitent y accé der, ou en les envoyant voir des agences anti-choix. Il est important de se rappeler que les hôpitaux ne sont pas les seuls endroits où se faire avorter au Canada, puisqu’il existe dans les grandes villes un certain nombre de cliniques d’avortement. Cependant, ces hôpitaux et ces cliniques n’empê chent pas que de nombreuses femmes, surtout en milieu rural, doivent couvrir de grandes distances pour se faire avorter : ces dé placements prennent du temps, coûtent cher et affectent les horaires de travail et de garderie. Pour en savoir davantage sur l’accès à l’avortement, veuillez consulter ce lien.

D’autres segments de la population canadienne é prouvent eux aussi plus de difficulté s à exercer leurs droits en matière de sexualité et de santé reproductive : les jeunes, les personnes atteintes d’une dé ficience ou vivant en zone rurale, les membres de la communauté GLBTQ, les sans-abri, les autochtones et les nouveaux immigrants. Ces groupes ont le plus de mal à obtenir de l’information et des services de santé sexuelle et reproductive. L’é tude de 1993 sur les jeunes, l’é ducation sexuelle et le VIH/sida a ainsi ré vé lé que le risque d’attraper une ITSS augmente beaucoup en fonction de la vulné rabilité : les jeunes sans-abri sont quatre fois plus susceptibles de contracter une ITSS que les jeunes inscrits dans une université ou un collège.

Les agressions sexuelles sont é galement plus nombreuses en fonction de la vulné rabilité . Ainsi, les viols, abus et agressions sexuelles sont les plus nombreux à l’endroit des femmes atteintes d’une dé ficience. D’autres facteurs tels la religion ou un interdit culturel contre les rencontres amoureuses peuvent pousser une jeune femme victime d’agression sexuelle à garder le silence, surtout si elle vient d’arriver au pays. La langue peut aussi poser problème.

Les é tudes mené es sous l’é gide de la Commission royale sur les peuples autochtones auprès des femmes autochtones en 1996 ont confirmé que ces dernières continuent de compter parmi les groupes les plus dé savantagé s du pays, le nombre de mères cé libataires y é tant le double de la moyenne nationale, et le taux de suicide chez les jeunes filles huit fois plus é levé .

L’Association canadienne pour la liberté de choix souhaite un monde où chaque personne, quels que soient son âge, ses aptitudes, sa race, son genre, son orientation sexuelle, son lieu de ré sidence, son statut socioé conomique ou autre, puisse avoir accès à l’information, aux ressources et aux services qui lui permettront d’exercer n’importe quel droit sexuel ou reproductif et de faire des choix é clairé s sur n’importe quel aspect de sa sexualité et de sa santé reproductive.

Liens relies:
Association canadienne pour le droit à l’avortement. 2003. Sauvegarde du droit à l’avortement au Canada.
http://www.canadiansforchoice.ca/francais/caralreport.pdf

Education Wife Assault. – Violence conjugale
http://www.womanabuseprevention.com/html/francais.html

Conseil des Ministres de l’é ducation. é tude sur les jeunes, la santé sexuelle, le VIH et le SIDA au Canada.
http://www.cmec.ca/publications/aids/CYSHHAS_2002_FR.pdf

Rapport de la Commission royale sur les Peiples autochtones. 1996. Un passé , un avenir.
http://www.ainc-inac.gc.ca/ch/rcap/sg/sgmm_f.html

Condition Fé minine Canada. Fiche de renseignement: La violence à l'é gard des femmes
http://www.cfc-swc.gc.ca/pubs/b10_factsheets/factsheet_8_f.html

UNFPA. Programme d’Action de la Confé rence internationale sur la population et le dé veloppement
http://www.unfpa.org/icpd/icpd_poa.htm (anglais seulement)

World Association for Sexual Health. Dé claration des droits sexuels.
http://www.worldsexology.org/about_sexualrights_france.asp

Organisation mondiale de la santé . Gender and Reproductive Rights: Working definitions.
http://www.who.int/reproductive-health/gender/sexual_health.html (anglais seulement)